07 septembre 2009
Les huit salopards
Sur le film Inglorious basterds de Quentin Tarentino

Psychédélique et jubilatoire. Lorsque Tarantino réécrit l'histoire de la Seconde guerre mondiale, il le fait façon western avec des brutes, des méchants... et pas beaucoup de bons. Mais comment un bon pourrait-il trouver sa place lorsqu'en lieu et place du Grand Ouest américain, de ses cow-boys et de ses shériffs, le spectateur se trouve largué au milieu de la France occupée, coincé entre nazis peu séduisants et Américains assoifés de sang allemand ?
Les salopards cuvée 2009
1941 : le colonel nazi Hans Landa est dépêché en France pour trouver et éliminer les familles juives en fuite. Sa renommée le précède et très vite il prouve qu'il mérite amplement son surnom de "Chasseur de juifs". 1944 : le lieutenant Aldo Raine et huit soldats juifs américains sont parachutés en pleine campagne. Mission : tuer, trucider, scalper du nazi. Le plus possible.
En écho aux douze salopards de Robert Aldrich, et bien loin des soldats "propres sur eux", valeureux et intègres, de Spielberg et de son Il faut sauver le soldat Ryan, la bande de huit salopards menée par Brad Pitt n'est pas composée d'anges, loin s'en faut. Plutôt de soldats casse-cous et sans pitié, qui prennent un malin plaisir à défoncer le crâne des allemands à coups de batte de base-ball ou à leur graver sur le front une croix gammée au couteau de chasse. Et pourtant ces salauds nous sont furieusement sympathiques. Ils permettent de concrétiser sur pellicule les pulsions les plus inavouables et les moins charitables que nous pouvons avoir à l'encontre des nazis. Plus ils sont brutes et méchants envers eux, plus on les aime. Une véritable catharsis.
Magnifique Christoph Waltz
Quant à Christoph Waltz, il interprète magistralement le colonel Hans Landa - ce qui lui a valu de remporter le prix d'interprétation à Cannes - un tueur sans état d'âme, aux manières délicates, exquis et poli. Un personnage fignolé, véritable travail d'orfèvrerie dramatique. Un personnage que l'on aime détester... ou que l'on déteste aimer.
Quant à Tarantino, on retrouve la fièvre qui caractérise sa réalisation. Des longues scènes où les acteurs se confrontent, se dérobent, mentent, jouent au chat et à la souris, aux scènes rythmées et violentes, sous le feu de la mitraille, le spectateur ne voit pas passer les 2h30 que dure le film.
Un western impitoyable et jouissif.
Sites web :
- Site officiel du film : http://www.inglouriousbasterds-movie.com/
- Fiche sur www.allociné.fr : ici
09:26 Ecrit par bozz'arts dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : inglorious basterds, quantin tarentino, film, cinema |
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